26 septembre 2007

28 weeks later

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Si comme moi vous avez été un peu déçu par 28 jours plus tard le film de zombie (techniquement un film avec des gens contaminé par un virus qui ressemblent furieusement à des morts vivants) de Danny Boyle, alors que beaucoup criaient au génie, vous n'attendez sans doute pas grand chose de 28 semaines plus tard, une suite signée par l'espagnol Juan Carlos Fresnadillo (Intacto). Et bien nous avons tort, grand tort, car ce film qui vient de sortir rejoint le club très fermé des suites supérieures en tous points à l'original.

Le pitch: durant l'épidémie décrite dans le premier film, Don (Robert Carlyle) a laissé sa femme se faire bouffer par les zombies, de peur d'être contaminé à son tour. Il faut dire qu'il y a deux enfants, justement en voyage scolaire, qui l'attendent. Vingt-huit semaines plus tard, il les accueille dans un Londres sinistré, où tous les survivants sont parqués sur l'île de Dogs, seule zone considérée comme saine. Bien entendu, il porte un tant soit peu de culpabilité avec lui.... Les choses se gâtent lorsque ses enfants décident de s'aventurer hors de la zone de sécurité pour retrouver leur maison.

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Parmi les principales qualité du métrage, il y a donc ce personnage ambigu et torturé dont la rage interne s'exprimera grâce au retour du virus (car oui...). Le Londres post-apocalyptique décrit par le réalisateur espagnol qui n'avait jamais mis les pieds en Angleterre avant le tournage (!) n'est pas sans rappeler celui de Children of Men, en plus aseptisé, et c'est donc un compliment. Cependant la mise en scène est bien différente elle. Certes plus classique, mais pas moins efficace, avec une photographie de fort bonne facture. Pour une fois, le montage nerveux et elliptique ("à la" MTV) qui survient parfois et utilisé avec intelligence, parvenant à décrire un état de chaos et de perdition. Lors de la scène d'ouverture, deux longs plans de Robert Carlyle en train de courir à perdre haleine dans une immense plaine, au bord de la laquelle se dessinent les silhouettes menaçantes des infectés, passe de splendide à traumatique lorsque ceux-ci attaquent. Lors d'autres scènes bien flippantes, le film fait aussi référence à Apocalypse Now. C'est d'ailleurs le deuxième axe du film (hormis le cauchemar de Don et de ses enfants), les actes des militaires américains chargés de pacifier Londres. Ils pensaient s'ennuyer, ils se retrouvent pris au piège dans un bourbier hors de contrôle. Alors, ils tirent indifféremment sur les zombies et les civils, du haut des tours du quartier des affaires. Difficile de ne pas y voir une référence, et une critique de la situation en Irak (ou au Vietnam, d'où Apocalypse...).

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Surtout, Fresnadillo (peu friand de film d'horreurs à la base) insuffle au genre une dimension épique inattendue, déjà en germe dans le film de Boyle, mais avec plus de moyens. Ici il n'y a pas de second degrés, le propos est tenu de front et pas en métaphore. Le réalisateur et ses co-scénaristes osent prendre au sérieux un genre trop prompt à s'auto-dénigrer sous la pression de l'intelligentsia. Ici, on ne joue pas à se faire peur ou à se dégoûter, on explore notre fascination pour et notre propension à la violence. Servi par des acteurs au poil (le gamin étant le clone de Danny dans Shining de Kubrick!) et une bande son solide, 28 Weeks Later tue sa mère, voilà! Une bonne démarche de Boyle producteur qui vous fera dire pour une fois "vivement la suite" que laisse plus que présager la fin!

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Posté par Jango à 20:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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