01 octobre 2007

Quelques mots sur quelques films (en salles)

18798941 99F, de Jan Kounen

Le cocktail Beigbeder-Kounen-Dujardin, sur papier ça laissait perplexe. Hé bien sur écran c'est une réussite totale! Oui, oui j'ai dit totale, même si le film n'est peut-être pas un chef-d'oeuvre il est d'une efficacité redoutable. J'apprécie beaucoup la débauche d'effets et de techniques qui sert de vernis à un nihilisme profond, car il n'y a ici rien n'y personne à racheter. Comme le dit Octave en reniflant un truc bizarre qui traine dans son appartement, juste après avoir vomi sur une métisse nue dans la baignoire, le monde "c'est de la merde"! Dujardin prouve l'étendue de son talent comique après sa performance mémorable dans OSS 117, j'espère qu'un succès possible du film en fera un incontournable du ciné français, ça nous changerait de Clovis Cornillac et Benoit Magimel (pitié!). Pour le reste, je vous renvoie à l'appréciation de l'ami Yann made on a Mac Le Naour, et comme ça je lui fais sa pub ;o)

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mp66 Manufactured Landscape, de Jenifer Baichwal

Celui-là je l'avais raté à Bruxelles (Arenberg de mes amours...) mais j'ai pu le rattraper à Ostende et je voulais en dire un mot au cas où ce que ça lui ferait gagner ne serait-ce qu'un spectateur. En effet voilà un docu qui combine beaucoup de qualités. Plastiques d'abord, avec un magnifique travelling d'ouverture d'un quinzaine de minutes tout le long d'une usine chinoise de ventilateur pour donner le ton. Bien rythmé, mêlant interview (en off) et prise de vue sur le vif. Le film est un double voyage dans l'oeuvre du photographe Ed Burtynsky. D'une part une sorte de making of où l'on suit l'artiste dans ses déplacements, de l'autre la cinéaste épouse sa démarche et tente de l'appliquer, avec plus ou moins de succès à l'image en mouvement. Passionnant. Et surtout l'occasion de découvrir ce travail. La démarche de Burtynsky me plaît énormément. Il ne se pose pas en donneur de leçon. Il désire nous offrir un point de vue complet sur le fonctionnement du monde. Aussi il cherche les paysages modernes, ceux créés artificiliements (le titre donc) et où sont assemblés tous nos produits "made in china", mais aussi bâtit nos bateaux cargos ou où s'entassent nos ordures dans l'attente d'être recyclées. Une vision très concrète de comment le sud entretient le nord, mais par le biais seul de l'esthétique. Burtynsky c'est Yann Arthus-Bertrand sans le côté casse-couille, c'est un homme qui ne prend pas son public pour des idiots ou des enfants, qui ne prétend pas apporter de réponses, mais soulever des questions. Bref un artiste. A découvrir sur son site officiel: http://www.edwardburtynsky.com/.

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18796709 La vérité ou presque, de Sam Karmann

Avec Kennedy et moi et A la petite semaine, Sam Karmann (pour les distraits, c'est Emile le tueur-euh! dans La Cité de la Peur) a entammé un sillon qu'il continue ici de creuser, celui d'un cinéma français sans prétention mais de qualité (principalement scénaristique et comédianique, le jour où les français nous épatent avec leur photographie on commencera à y croire). Après le polar, il tente ici la comédie de moeurs, avec une sorte d'esprit anglais raffiné qui évite à la chose de tomber dans la marivaudage. Le rire est franc, la parole est libérée (un de ces rares films avec des homosexuels qui ont l'air de gens normaux sans que cela soit le thème du film, merci), l'émotion est au coin de la rue lorsque André Dussolier et Karin Viard remonte le trace d'une mystérieuse chanteuse de jazz. Car le casting est solide, outre les deux précités, on retrouve Karmann lui-même, trop rare, et François Cluzet, probablement le meilleur comédien français depuis un bout de temps.

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18774999 Mon frère est fils unique / Il mio fratello e figlio unico, de Daniele Luchetti

Malgré un haut capital sympathie à la base (un triangle amoureux, l'Italie des années 70 et ses luttes idéologiques, la jeunesse et la fougue!) cet opus rital ne m'a pas tout à fait convaincu. Ne fait pas La Meglio Juventu qui veut, même avec les mêmes scénaristes. Déjà, la mise en scène souffre du syndrome "je tourne caméra à l'épaule parce que ça fait bien mais je ne réfléchi pas à ma démarche", et du coup ça bouge un peu trop sans raison et ça c'est dommage car un beau cadre et ben c'est beau, merde! Ensuite, à force d'hésiter entre l'intrigue politique (éclairante) et l'intrigue amoureuse (attachante, deux frères ne se supportent pas mais aiment la même femme), il pêche un peu sur les deux tableaux, et escamote la demoiselle à la fin de façon abrupte. Dommage donc, car à part ça il y a quand même du bon, surtot si on s'intéresse à l'Italie et aux années 70 (et là, paf, je suis dans le coeur de cible!). La bonne nouvelle du film s'appelle Diane Fleri, comédienne française (!) qui, dans le rôle de "la fille", vole la vedette aux deux acteurs principaux. En plus d'être raah lovely (enfin photogénique quoi), elle joue diablement bien! Parions qu'on la reverra.

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Posté par Jango à 22:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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