Jangorama

Coups de coeur et coups de gueule ciné et télé au jour le jour de ma consommation cinéphagique.

26 septembre 2007

28 weeks later

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Si comme moi vous avez été un peu déçu par 28 jours plus tard le film de zombie (techniquement un film avec des gens contaminé par un virus qui ressemblent furieusement à des morts vivants) de Danny Boyle, alors que beaucoup criaient au génie, vous n'attendez sans doute pas grand chose de 28 semaines plus tard, une suite signée par l'espagnol Juan Carlos Fresnadillo (Intacto). Et bien nous avons tort, grand tort, car ce film qui vient de sortir rejoint le club très fermé des suites supérieures en tous points à l'original.

Le pitch: durant l'épidémie décrite dans le premier film, Don (Robert Carlyle) a laissé sa femme se faire bouffer par les zombies, de peur d'être contaminé à son tour. Il faut dire qu'il y a deux enfants, justement en voyage scolaire, qui l'attendent. Vingt-huit semaines plus tard, il les accueille dans un Londres sinistré, où tous les survivants sont parqués sur l'île de Dogs, seule zone considérée comme saine. Bien entendu, il porte un tant soit peu de culpabilité avec lui.... Les choses se gâtent lorsque ses enfants décident de s'aventurer hors de la zone de sécurité pour retrouver leur maison.

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Parmi les principales qualité du métrage, il y a donc ce personnage ambigu et torturé dont la rage interne s'exprimera grâce au retour du virus (car oui...). Le Londres post-apocalyptique décrit par le réalisateur espagnol qui n'avait jamais mis les pieds en Angleterre avant le tournage (!) n'est pas sans rappeler celui de Children of Men, en plus aseptisé, et c'est donc un compliment. Cependant la mise en scène est bien différente elle. Certes plus classique, mais pas moins efficace, avec une photographie de fort bonne facture. Pour une fois, le montage nerveux et elliptique ("à la" MTV) qui survient parfois et utilisé avec intelligence, parvenant à décrire un état de chaos et de perdition. Lors de la scène d'ouverture, deux longs plans de Robert Carlyle en train de courir à perdre haleine dans une immense plaine, au bord de la laquelle se dessinent les silhouettes menaçantes des infectés, passe de splendide à traumatique lorsque ceux-ci attaquent. Lors d'autres scènes bien flippantes, le film fait aussi référence à Apocalypse Now. C'est d'ailleurs le deuxième axe du film (hormis le cauchemar de Don et de ses enfants), les actes des militaires américains chargés de pacifier Londres. Ils pensaient s'ennuyer, ils se retrouvent pris au piège dans un bourbier hors de contrôle. Alors, ils tirent indifféremment sur les zombies et les civils, du haut des tours du quartier des affaires. Difficile de ne pas y voir une référence, et une critique de la situation en Irak (ou au Vietnam, d'où Apocalypse...).

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Surtout, Fresnadillo (peu friand de film d'horreurs à la base) insuffle au genre une dimension épique inattendue, déjà en germe dans le film de Boyle, mais avec plus de moyens. Ici il n'y a pas de second degrés, le propos est tenu de front et pas en métaphore. Le réalisateur et ses co-scénaristes osent prendre au sérieux un genre trop prompt à s'auto-dénigrer sous la pression de l'intelligentsia. Ici, on ne joue pas à se faire peur ou à se dégoûter, on explore notre fascination pour et notre propension à la violence. Servi par des acteurs au poil (le gamin étant le clone de Danny dans Shining de Kubrick!) et une bande son solide, 28 Weeks Later tue sa mère, voilà! Une bonne démarche de Boyle producteur qui vous fera dire pour une fois "vivement la suite" que laisse plus que présager la fin!

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15 septembre 2007

Mon anthologie de la science-fiction au cinéma, suite et fin

Première partie et introduction

children_of_men_poster Children of Men (2006)

L'acuité de la vision de notre futur proche dans ce film fait peur. En introduisant un élément de crise (les femmes perdent subitement toute fécondité. Pollution? Punition divine? Evolution?), Alfonso Cuaron, s'inspirant très librement d'un roman de P.D. James, peut grossir le trait et livrer une autopsie sans concession de la laideur de notre monde actuel (violence, extorsion, racisme...). On touche là à une des missions de base de la s-f, la plus négligée dernièrement. Mais s'il n'y avait que ça! La réalisation du film, tout en plan séquence, caméra à l'épaule souvent, avec une intégration parfaite et intelligente des effets spéciaux, est tout simplement bluffante, tout comme la photographie d'Emmanuel Lubezki et le choix d'une bande-son très seventies, aussi inattendu que pertinent. Children of Men c'est de la s-f à domicile, à dimension humaine, avec une petite touche de conte initiatique. Un régal qui a dérouté en salle, mais se refait une santé en DVD grâce au bouche à oreille.

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Avec ce classique des classique on fait presque de l'archéologie de la s-f. Metropolis fut à ma connaissance le premier film à aborder avec crédibilité les questions de l'intelligence artificielle (le robot maléfique a l'apparence de la femme aimée) et du rapport de l'homme (ici les ouvriers confinés dans les sous-sol de la mégapole) à la machine, avec un petit supplément de lutte des classes qui devait plus plaire au réalisateur Fritz Lang qu'à Théa Van Harbou, sa femme et scénariste qui collabora avec les nazis alors que Fritz choisit l'exil. Surtout, combinant les qualités esthétiques de l'expressionnisme et du futurisme, Metropolis n'a pas perdu de sa force émotionnelle. Par dessus tout, deux éléments ont fait date: le design du robot (qui a entre autres inspiré C-3PO dans Star Wars) et surtout de la ville elle-même, devenue le canon de la mégapole futuriste (de Blade Runner à la nouvelle trilogie Star Wars en passant par Le Cinquième Elément et nombres de livres et BD).

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prestige The Prestige (2006)

L'avant-dernier film de Christopher Nolan (Memento, Batman Begins) appartient au genre peu répandu de la retro-science-fiction, c'est-à-dire qu'il imagine des découvertes scientifiques révolutionnaires dans notre passé. La bonne idée du film (et tout d'abord du livre de Christopher Priest) étant de faire coller ces faits à l'histoire, puisque le savant fou n'est autre que Nicola Tesla - précurseur dans le domaine du courant alternatif, des ondes radio et des radars entre autres - et que son invention n'est pas divulguée au grand public dans le film. C'est à David Bowie qu'il revient d'incarner, avec un ravissant accent serbe, un personnage historique entouré de controverses, que le film ne rend que plus mystérieux. Ici, le progrès scientifique donne naissance à d'importantes questions éthiques et de philosophiques (j'essaie de ne pas en dévoiler trop pour ceux qui ne l'ont pas vu!). Cependant, les grandes forces de ce chef-d'oeuvre (osons le mot!) se trouvent plutôt dans son scénario retors à souhait, sa mise en scène et sa photographie fascinantes et son interprétation quatre étoile (en plus de Bowie, Hugh Jackman, Christian Bale, Michael Caine, Scarlett Johansson). Captivant de bout en bout et meilleur à chaque vision (tous les indices sont dans la première bobine) le film est aussi une réflexion sur le cinéma et l'écriture, puisqu'en déconstruisant les tours de magie, le cinéaste expose en fait la structure même de son film.

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192929_Ghost_in_the_Shell_Posters fino2 Ghost in the Shell (1995) et Innocence (2004)

Le sommet en ce qui concerne la question de l'intelligence artificielle, posée très froidement à travers un personnage de flic hyper-sexy et hyper-violente, un cocktail qui attire l'oeil! Le tout est servi sous la forme d'un polar technologico-mystique, soutenu par la célèbre musique de Kenji Kawai. Rajoutez des dessins splendides et quelques gunfights bien sentis et vous obtenez la recette de l'excellence. Même s'il est vrai que les scénars peuvent s'avérer très obscurs, ils raviront ceux qui aiment se faire un peu mal à la tête (je lève la main!). Mention spéciale au mariage de la 2D et de la 3D dans Innocence (alias Ghost in the Shell 2, donc), le plus réussi à ce jour en animation, pour ne pas dire le seul. Si j'ai été un peu déçu par le passage de Mamoru Oshii au cinéma "live" avec Avalon, tous ses autres films d'animations sont chaudement recommandables. Pour une fois ce n'est pas un roman mais une bande-dessinée qui est adaptée ici. Masamune Shirow, l'auteur, a aussi signé un grand moment de s-f en manga, Apple Seed (là aussi, mal de tête et combats dantesques) hélas assez platement adapté au cinéma en 2006.

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THX_1138 THX 1138 (1972)

Pour les déçus de Star Wars, il existe un George Lucas cinéaste avec un grand "c", auteur et réalisateur d'une anti-utopie brillante, bien qu'elle soit son premier long-métrage. Il s'agit d'une variation sur les sociétés totalitaires, avec une touche de magicien d'Oz parce que bon c'est George! La critique de l'industrie, de la télévision, de la médecine et de la religion est acerbe. A vous de juger de ce que Lucas a fait de sa révolte depuis 30 ans... Malgré sa robe toute blanche, ce film est noir de noir et se conclut sur un plan d'anthologie, soudaine avalanche de couleurs qui laisse notre héros plus désemparé que jamais, maintenant qu'il est libre. Notre héros, c'est donc THX 1138, ouvrier condamné à construire les robots policiers qui régentent sa ville sous-terraine et anonyme. Comme à tous les habitants, dieu, auquel on peut régulièrement allez se confier au confessionnal électronique, lui a assigné une compagne, SEN, mais ils vont commettre l'erreur de tomber réellement amoureux. THX (Robert Duvall) est envoyé en prison tandis qu'un pervers (Donald Pleasence) s'empare de SEN. Cette prison, n'est qu'un infini blanc, au coeur duquel les "criminels" sont laissés à eux-mêmes. Mais THX, qui ne suit plus son traitement médicamenteux, trouve en lui l'énergie de se révolter et de tenter une évasion... Récemment relifté (quelques images de synthèse par-ci par-là dans ce qui reste essentiellement un film violemment fauché et ingénieux), mais avec tact (qui l'eut cru!) pour sa sortie en DVD, ce film longtemps oublié peut devenir un classique si suffisamment d'amateurs s'y intéressent. A ne pas manquer en ce qui me concerne, ne serait-ce que pour l'admirable conception sonore (et le montage) de Walter Murch, également co-scénariste.

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filmmanwhofell The Man Who Fell to Earth (1976)

Dans ce film du très "undeground" Nicolas Roeg, un extra-terrestre tout ce qu'il y a de plus humanoïde est envoyé sur notre planète pour lui voler son eau, qui manque cruellement sur sa planète natale. Mais, seul et incompris, il se retrouve avalé par la société de consommation. S'il tente dans un premier temps de s'échapper, il devient bien vite totalement absorbé par la télévision, l'alcool, les armes à feux, le sexe, bref, par ce que nous avons produit de mieux... A tel point qu'on finit par se demander avec lui s'il est vraiment venu d'ailleurs. En tous cas, prisonnier, comme chacun d'entre nous donc, de ce monde à la fois repoussant et fascinant, Thomas Jerome Newton (son nom d'humain) devient une épave, l'ombre de lui-même, un homme brisé comme les autres. Ce E.T. adulte et pessimiste sous cocaïne souffre certes de certaines longueurs et d'effets spéciaux "approximatifs", mais l'ambiance y est à couper au couteau et quelques scènes et décors sont d'une stupéfiante beauté plastique (Roeg tient plus de l'artiste contemporain versatile que du pur cinéaste). Surtout, l'interprétation de David Bowie, alors au sommet de sa schizophrénie, dans un rôle qui fait plus que lui coller à la peau, est culte et fait de Jerome Thomas Newton un personnage dont les psychoses vous hanteront longtemps.

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Ouf, fini! Si j'avais su dans quoi je me lançais...!


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14 septembre 2007

Kubrick Expo, le diaporama

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Souvenirs de l'excellente expo Kubrick qui s'est tenue à Gand fin de l'année dernière. Les photos présentées ici sont le fruit de mes deux visites, elles ne sont pas exhaustives et certaines sont de bien mauvaise qualité, en effet les photos étaient en théorie interdites, d'où GSM et empressement...

Mes préférés:

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Le masque de Bill Harford (Ton Cruise) dans Eyes Wide Shut, le meilleur film de tous les temps!

fidelio

"What's the password?"

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Le fameux objectif de Barry Lyndon qui ouvre à 0,9 pour pouvoir tourner à la lumière des bougies.

discovery

La vraie maquette du vrai vaisseau du vrai 2001

HAL9000

"Just what do you think you're doing, Dave?"

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12 septembre 2007

La chambre verte de la mariée en noir

Une jeune mariée voit son mari assassiné le jour de leurs noces. Quelques temps après, elle entreprend de retrouver la trace de chacun des hommes responsables de cette mort et de les exécuter, non sans qu'ils sachent pourquoi. Le film commence par une exécution, la mariée ne parle presque pas, on ignore tout de ces motivations que l'ont découvrira au fur et à mesure du film grâce à une série de flash backs et aux confessions des victimes. Ca vous rappelle quelque chose? Kill Bill de Tarantino? Presque, c'est La Mariée était en noir de François Truffaut.

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Bon ça c'était pour le préambule, histoire d'abonder dans le sens de la note précédente et de dire qu'une bonne idée n'est jamais perdue. Bien entendu la comparaison s'arrête au synopsis, avec d'un côté le joyeux carnage de Tarantino et de l'autre le film noir à la croisée des influences hitchockiennes et Nouvelle Vague de Truffaut. Jeanne Moreau porte plutôt la crêpe noire que le vinyle jaune et un coup de revolver ou de couteau lui suffit pour faire tomber Charles Denner ou Michael Lonsdale. Reste que ce film méconnu vaut la peine d'être vu, surtout qu'il vient de sortir en DVD chez MGM, au prix record de 4,90€ d'emblée!

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Cette sortie est simultanée à celle de la Chambre Verte, pur chef-d'oeuvre, un de mes films phares, lui aussi à prix cassé. Si ces éditions surprises sont un peu misérables, elles ont le mérite de compléter la filmographie du plus grand cinéaste français de tout les temps (allez, je me lance!) en DVD. A l'exception du très dispensable Une Belle Fille comme moi, dispo cependant en import, ils sont donc désormais tous fixés pour la nuit des temps (chez mk2, MGM et Warner, chez Cinéart aussi chez nous) et vous n'avez plus aucune excuse!

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La Chambre Verte est un film déroutant, qui traite sans pathos, mais sans détour, le thème de la mort, de l'impossibilité du deuil, et bref du sens de la vie. Sens qui pour le personnage de Julien Davenne (interprété par Truffaut lui-même qui se sentait très proche de lui, même si son jugement reste négatif) se trouve paradoxalement dans la mort. Plutôt que de chercher à avancer malgré la douleur, il a arrêté le temps à la mort de sa femme et lui voue un véritable culte depuis, culte qui s'étend bientôt à tous ses amis disparus (nous sommes au sortir de la guerre 14-18). Alors qu'il cherche à récupérer une bague ayant appartenu à sa femme lors d'une vente aux enchères, il fait la connaissance de Nathalie Baye (débutante et superbe). Les sentiments qu'elle éveille en lui (en bref l'amour) vont à l'encontre de ses convictions, il va alors chercher à l'attirer dans son culte exclusif et macabre.

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La mise en scène glacée de Truffaut offre des cadres et une photographie d'une immense beauté formelle. La direction d'acteur tout en retenue laisse s'exprimer les sentiments les plus profonds et pas seulement les émotions de convenances. Il y a encore quelques scène qui vous marquent à jamais (en tous cas moi et quelques autres!): la scène d'introduction, où Davenne s'en prend au curé à l'enterrement de la femme d'un ami, le congédiant en condamnant son idéologie de l'acceptation et l'idée d'une résurection lointaine; lorsque Davenne projette à l'enfant muet qu'il héberge des photos de soldats mutilés; lorsqu'il détruit une réplique en cire du corps de sa femme, qui le met devant le constat de la mort au lieu de la ressusciter; et bien sûr la scène finale que je ne peux pas dévoiler!

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Moi je dis à 4,90€ pourquoi ne pas se laisser tenter?! Si j'avais plus de budget, je distribuerais bien le film dans la rue!

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Si vous n'avez jamais fréquenté Truffaut, un je ne veux en veux pas (trop), deux je vous conseillerais de commencer avec Les 400 Coups, son premier film et son coup de maître (mk2/Cinéart), ensuite vous voudrez sûrement connaître la suite des aventures d'Antoine Doinel, avec Baisers Volés (idem), le film le plus vivifiant de l'histoire du cinéma français. La Nuit Américaine (Warner), premier film à dévoiler les coulisses d'un tournage, est une valeur sûre, et pour goûter à un film plus exigeant du cinéaste (bon prélude à La Chambre Verte) offrez-vous L'Enfant Sauvage (MGM) magnifique fresque qui retrace l'histoire vraie d'un enfant retrouvé en pleine forêt et qu'on a tenté en vain d'éduquer. Le tout en 1800, en noir et blanc, et à nouveau avec Truffaut devant la caméra. Une réflexion sur la civilisation et l'enfance tout simplement magnifique et bouleversante. Et à quel prix ma bonne dame? 4,90€!

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Bon voilà, j'ai enfin fait une note sur François Truffaut, je suis content, il y en aura sûrement d'autres. Je termine sur cette citation issue de La Nuit Américaine et qui n'est pas loin d'être un obscur sacerdoce pour moi. Ferrand, le metteur en scène interprété par Truffaut, s'adresse à son acteur principal (Alphonse alias Jean-Pierre Léaud) qui veut quitter le tournage pour une histoire d'amour ratée:

« Les films sont plus harmonieux que la vie, Alphonse. Il n’y pas d’embouteillages dans les films, pas de temps morts. Les films avancent comme des train, tu comprends, comme des trains dans la nuit. Les gens comme toi, comme moi, tu le sais bien, on est fait pour être heureux dans le travail… dans notre travail de cinéma. Salut Alphonse, je compte sur toi ».


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10 septembre 2007

Il est beau le cinéma d'auteur...

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Mais où vont-ils chercher tout ça?! Quatre ans avant Jean-Pierre Bacri dans Le Goût des Autres et neuf ans avant Vincent Lindon (argh) dans La Moustache, Végéta se rase la moustache dans Dragon Ball GT et personne ne le remarque! Autant pour la supériorité intellectuelle de l'humour franco-français, d'autant que les japonais ont la bonne idée de ne pas faire traîner ce gag sur tout un film! ;o)

Et donc la morale de l'histoire c'est qu'il y a tellement rien au cinéma pour l'instant que je regarde Dragon Ball en DivX, voilà où on en est...! Je garde un fort bon souvenir de Jindabyne, polar australien sur fond de racisme entre colons et aborigènes, et je finirais bien par jeter un oeil sur le nouveau Chabrol, mais l'été cinématographique fut décidément très calme, comme les mises à jour ici du coup. Les événements de la semaine? 24 saison 6 commence ce soir sur BeTv, et le nouveau Indy à un nom: Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull. Quand je pense que certains se plaignaient des titres des nouveaux Star Wars, ils n'avaient rien vu... A vue de nez je devine la trame du scénario top secret de David Koepp: Indy se retrouve en possession d'une mystérieuse sculpture en cristal représentant un crâne (possiblement après avoir arrêté ses aventures pour se concentrer sur ses cours à l'université). Mais il ignore qu'une tribu sauvage que l'on croyait éteinte est toujours à la recherche de l'artefact. Leurs chemins vont donc se croiser. On parie?

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EDIT: Maintenant que j'ai jeté un oeil (et même les deux) sur La Fille Coupée en Deux, le constat sur la pauvreté de cette fin d'été cinématographique n'est que plus cruel... Même pas envie de faire une note rien que pour dire des méchancetés... Quel dommage...

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28 août 2007

Mon anthologie de la science-fiction au cinéma, première partie

Genre florissant en littérature, la science-fiction peine à s'épanouir au cinéma. Cela est du à deux choses: d'une part les moyens considérables parfois nécessaires pour présenter de façon réaliste les débordements créatifs des auteurs, d'autre part, et je dirais surtout, contrairement à ce qu'il croit, le grand public ne s'intéresse pas à la science-fiction.

Je m'explique. En littérature, la science-fiction, quand elle est bonne s'entend, pose des questions de fond sur l'avenir de l'humanité, les domaines envisagés allant de la géo-politique au métaphysique. En 1947, Robert Heinlein (l'auteur entre autres de Starship Troopers) utilisait d'ailleurs le terme judicieux de "speculative fiction". Bref, le résultat est une littérature souvent très bavarde, ce qui passe mal (paraît-il) au cinéma. Et donc, quand un réalisateur comme Alex Proyas, après un magnifique Dark City, s'attaque à l'oeuvre du grand Isaac Asimov, il la vide de sa substance en tentant d'en faire un film d'action qui justifie les moyens déployés pour créer les robots, et livre un pâté aussi risible que I, Robot.
Le principal problème vient sans doute en partie de l'obsession des cinéastes (ou des studios) à adapter les grands auteurs, sans se soucier des différences entre les médias, partant du regrettable principe qu'un film de s-f est un film d'action. La "faute" à Star Wars, le premier vrai succès de la s-f au cinéma... sauf que ce n'était pas de la s-f, mais de la fantasy. En effet, même avec son look futuriste, la saga de Lucas se passe "il y a bien longtemps", dans un univers inconnu du nôtre et totalement fantaisiste. Il n'y a l'a aucune projection scientifique de ce que pourrait devenir notre monde, et donc il n'y a pas science-fiction, mais plutôt "fantasy", à la manière du Seigneur des Anneaux. Pour les mêmes raisons, Terminator, tout en étant un gros film d'action, appartient, lui, à la science-fiction, malgré son manque de réalisme, et doit être considéré comme le plus gros succès du genre. Ces précisions étant faites, voici ma liste toute subjective des indispensables de ce genre que j'aime tant et, en quelques lignes, pourquoi.

2001_Space_Odyssey 2010jaq 2001: A Space Oddissey (1968) & 2010: The Year We Made Contact (1984)

Le chef-d'oeuvre de Kubrick est bien sûr le plus connu et le plus respecté des films de science-fiction "sérieuse". La réalisation sans pareil du maître nous plonge au coeur de la fascination exercée sur l'homme par ses propres progrès, puis dans le vertige de tout ce qui nous dépasse encore. Seuls les costumes des singes ont mal vieillis. Cependant, même Kubrick n'a pu, à mon avis, égaler la puissance du livre d'Arthur C.Clarke, écrit en parralèle au film, et qui en diffère sensiblement vers la fin. Clarke a écrit trois suites à 2001, la première a été portée à l'écran par Peter Hyams. Celui-ci a eu deux bonnes idées: primo, ne pas essayer de faire du Stanley Kubrick, deuzio, oser escamoter les passages trop abstraits ou trop coûteux de l'excellent livre, pour se concentrer sur les personnages humains.

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blade_runner_poster06 Blade Runner (1982)

Un roman mineur de Philip K.Dick (l'auteur s-f le plus adapté au cinéma) est devenu le meilleur film de science-fiction, osons le dire!, du moins dans sa version director's cut, qui préserve le mystère et la noirceur jusqu'au bout. L'univers grouillant et salle proposé par Ridley Scott (également réalisateur d'Alien qui a apporté le look "usé" aux films de s-f) est tout à la fois familier et fascinant, crédible et déroutant. Sans lourdeur il aborde le thème de l'intelligence artificielle et du rapport de l'homme à la technologie avec énormément de profondeur. Plus Harrisson Ford, plus la musique de Vangelis.

8712609678956 Third Encounter of the Third Kind (1977)

Le dépouillement de la mise en scène sert admirablement le vertige de cette histoire de contact étudiée du point de vue émotionnel humain. Le tout se soulève lors des scènes à effets spéciaux et avec le secours de la musique de John Williams. Par moment on croirait un documentaire ou une reconstitution de faits réels, à d'autres un compte de fées (effet recherché par Spielberg lorsqu'il engage François Truffaut pour "son regard d'enfant"). Une dualité très riche qui manque à E.T.. Quand à Minority Report et War of the Worlds, si leur puissance visuelle est certaine, leurs scénarios sont vraiment trop à la ramasse pour les faire figurer ici (je dois revoir AI pour me faire une opinion).

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Sous la comédie kafkaïenne se cache un drame puissant. Avec son côté rétro et ses références détournées à 1984, le film de Terry Gilliam (qui a fait depuis des torchons et des serviettes) reste un ovni cinématographique. Son propos sur la dérive des régimes qui prétendent vouloir le bien être du plus grand nombre n'est pas superficiel et la petite musique de Brazil surgira souvent dans votre tête lorsque vous aurez l'impression d'être noyé ou oublié dans la masse ("Braziiil, lala lala lala lalaaaaa...").

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La_Jetee1_plakat La Jetée (1962)

Pour l'incroyable beauté et la force de ses images fixes en noir et blanc, le film de Chris Marker est non seulement un objet unique, mais une vraie leçon de cinéma. Si le propos de Marker dépasse le strict cadre de la science fiction (aucun soucis de "réalisme" dans les pouvoirs acquis par les hommes du futur), il a osé utilisé cet outil le plus sérieusement du monde dès 1962. Depuis il a poursuivi une exploration des mondes virtuels et notamment de leur rapport à la mort dans des documentaires passionnants comme Level Five. Tout se tient puisque le très recommandable Twelve Monkeys de Terry Brazil Gilliam est le "remake" de La Jetée.

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solaris1Solaris (1972)

L'austérité de cette méditation de 2h45, réponse toute soviétique à 2001, peut faire peur. Mais regarder Solaris c'est vivre une expérience physiologique (ce en quoi il se rapproche bien de sa nemesis américaine). Tourné à l'économie (avec tout de même une fascinante séquence caméra embarquée dans les rues alors avant-gardistes de Tokyo), ce film est un voyage qui nous renvoie très brutalement aux limites de l'entendement que nous persistons à repousser avec nos machines. Bref, alors qu'il se rêve dans un déluge technologique, l'astronaute de la station Solaris se retrouve dans des espaces blancs et froids, face à la mort et au choix de croire ou pas à ce qu'il sait être une illusion (les êtres chers disparus ayant la faculté d'apparaître dans la station!), ce qui n'est ni plus ni moins (du point de vue d'un laïque, ou d'un soviétique) qu'un vertige religieux. Pas folichon, folichon, donc, mais à vivre au moins une fois. Même si la dimension politique est totalement absente, il me semble que Solaris est le film de s-f qui se rapproche le plus de ce que peut procurer un livre de s-f.

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MEGA BONUS illégal

La Jetée dans son intégralité (26 min), même si malheureusement dans sa version doublée en anglais

Le clip Jump (They Say) de David Bowie (mes idées fixes...) réalisé par Mark Romanek, contient un gros hommage à La Jetée


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24 août 2007

Un Petit Clip vaut mieux qu'une Grande Claque

Pour l'instant je refais la salle à manger de mes parents (héé oui...! voilà une bonne louché de quotidien, c'est ça aussi un blog) alors en attendant une note écrite et construite, je vous propose une petite sélection musicale toute subjective. En effet, si le montage "clipesque" a fait beaucoup de mal au cinéma, certaines vidéos musicales n'ont pas a rougir de leurs cousins du grand écran, en terme de qualité esthétique et plastique en tous cas. La preuve par quatre (ou trois?).

The Heart's Filthy Lesson - David Bowie / réalisé par Samuel Bayer
(Bowie/Eno/Gabrels/Kizilcay/Campbell)

I Cried for You - Katie Melua / réalisé par Kevin Godley
(Melua)

Bachelorette - Björk / réalisé par Michel Gondry

(Björk/Sjön)

Les Maîtres de l'Univers - Alain Chauffour / le réalisateur a prêté son pull

(Salesses/Porry)


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22 août 2007

Mon dieu que ça va être bien!

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21 août 2007

Jeu d'été

Reconnaîtras-tu ces grands enfants? Pour vérifier ton intuition ou donner ta langue au chat, clique sur la photo pour voir le comédien ou la comédienne adulte!

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Indice: Mère de quatre enfants

david_duchovny

Indice: Il "veut y croire", mais il est prisonnier de son rôle mythique à la télé comme au cinéma.

bjork

Indice: Elle n'a fait qu'un film, mais tout le monde la connaît. Elle n'a pas tellement changé.

hally_berry

Indice: Première actrice afro-américaine à recevoir un Oscar.

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Indice: Elles n'ont jamais partagé l'affiche mais sont amies. La première a été ensorcellée par Edward Norton, et massacrée à la tronçonneuse. Quant à la deuxième je crois ne vous l'avoir que trop présentée sur ces pages.

nicole_kidman

Indice: Ambassadrice Channel et l'Oréal, elle reçoit un Oscar pour un film où elle s'enlaidit considérablement.

robert_de_niro

Indice: Sans doute un des plus grands acteurs de tous les temps, il est aussi réalisateur (et ne ressemble plus à Jean-Pierre Léaud).

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Indice: S'est fait voler trois fois la vedette par son pote George Clooney.

La boucle est bouclée. Désolé pour les stars françaises, mais elles ont qu'à mettre leurs photos d'enfance sur internet! A bientôt.


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16 août 2007

Alice in Wonderland

Alice au pays des merveilles, de Lewis Carroll, est un cas d'école en cela que c'est l'exemple type de l'ouvrage fondateur qui a dépassé l'aura de son auteur, a échappé à son contrôle et, sans doute même, à ses intentions premières. Tant de psychanalystes et de littérateurs se sont penchés sur ce récit initiatique, tant de théories ont été bâties qu'il est difficile de démêler le vrai du faux, pour peu qu'il y ait un vrai et un faux.

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Pour ma part, je le trouve fascinant en cela que c'est un texte absolument subversif. Politiquement d'une part, car l'auteur y ridiculise en filigrane toute une série d'ordres établis, une dimension que la disparition d'une époque et d'un état d'esprit (l'Angleterre victorienne) a considérablement gommé. Mais surtout il reste le fait que le respectable révérend Charles Dogson, professeur de mathématique (« Un personnage guindé, toujours vêtu d’une redingote noire à peine ouverte sur un faux col d’ecclésiastique, promenant un visage aux traits fins et aux accents mélancoliques. Ses cours, qu’il débitait mécaniquement, suscitaient surtout l’ennui » selon un témoignage d'ancien élève) a écrit ce conte pour une petite fille qu'il aimait.

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Alice Liddle photographiée par Carroll en 1858, dans une pose pas très enfantine...

Aimer? Un mot, utilisé abondamment par l'auteur pour évoquer Alice Liddle, une des nombreuses petites filles qu'il fréquentait et avec qui il échangeait des correspondances très romantiques. Dogson/Carroll était un grand enfant, il ne s'était jamais senti à l'aise dans le monde des adultes. A l'époque il passait pour un excentrique. Que penserait-on de lui aujourd'hui? Ceci étant, son grand amour (et tous les autres, il faut le croire) resta fort heureusement platonique. Dès lors, il n'est pas difficile de lire en Alice, le récit d'une double souffrance: à la fois celle d'être confronté au monde des adultes (en fait de merveilles, Alice est agressée de toutes parts) et celle plus noire de l'amour du révérend pour Alice Liddle. Que Carroll ait été conscient ou pas de cette possible lecture de son oeuvre importe finalement peu, même si j'aime à penser qu'il savait très bien ce qu'il faisait. Je vous passerais en outre l'analyse du début du roman, où Alice ne cesse de changer de taille, et manque de se noyer dans ses larmes après avoir pénétré dans le terrier du lapin blanc... Une lecture perverse d'Alice est vraiment aisée. Il faut se garder pourtant de forcer le trait, et préférer voir ce conte comme une formidable marque d'affection, qui a traversé les temps pour devenir un mythe. Comme tout les mythes, les thèmes abordés y sont en fait très graves, mais parce qu'il touche au tabou absolu, cet aspect de l'oeuvre de Carroll est souvent passée sous silence (sans compter que Walt Disney est passé par là).

Sans surprise on peut en retrouver la trace dans l'oeuvre de... Serge Gainsbourg. Dans Variations sur Marilou, il écrit:

Dans son regard absent
Et son iris absinthe
Tandis que Marilou s'amuse à faire des vol
Utes de sèches au menthol
Entre deux bulles de comic-strip
Tout en jouant avec le zip
De ses Levi's
Je lis le vice
Et je pense à Caroll Lewis

Et plus loin:
Enfin poussant le vice
Jusqu'au bord du calice
D'un doigt sex-symbole
S'écartant la corolle
Sur fond de rock-and-roll
S'égare mon Alice
Au pays des malices
De Lewis Caroll

Mais aussi de façon moins explicite chez Bob Dylan, où les jumeaux Tweedle-Dum et Tweedle-Dee sont des assassins sans vertus:

Well a childish dream is a deathless need
And a noble truth is a sacred creed
My pretty baby, she's lookin' around
She's wearin' a multi-thousand dollar gown

Tweedle-dee Dee is a lowdown, sorry old man
Tweedle-dee Dum, he'll stab you where you stand
"I've had too much of your company,"
Says, Tweedle-dee Dum to Tweedle-dee Dee

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Pan's Labyrinth

La versatilité des interprétations que l'ont peut faire du mythe d'Alice se reflète dans le spectre des oeuvres cinématographiques (on y arrive) qu'il a suscité. Le plus souvent l'influence se marque dans la figure d'une petite fille confrontée à un monde hostile, qui fuit dans un monde imaginaire qui se révèle encore plus hostile. Elle apprend donc à accepter la dure réalité. Du Voyage de Chihiro de Myiazaki à Labyrinth de Jim Henson (qui reprend l'ambiguité sexuelle entre la jeune héroïne et un homme plus âgé, David Bowie, roi des Goblins pour l'occasion), Tideland de Terry Gilliam (cette fois c'est un débile mentale qui est amoureux de la petite fille) ou bien sûr Le Labyrinthe de Pan, conte traumatique, où on retrouve l'aspect politique, de Guillermo Del Toro. Ce dernier film est celui qui rend le mieux la dimension cauchemardesque du voyage d'Alice (chenille géante, monstres assemblés à partir de plusieurs animaux...). On compte aussi de nombreuses références dans des films comme Jurassic Park, Matrix (ici le voyage se fait de l'imaginaire au réel), Silent Hill, Resident Evil, Donnie Darko (tous trois plus ou moins horrifiques). Et ce ne sont que des exemples récents.

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Et bien sûr il y a les adaptations du livre à proprement parler, dont la plus célèbre est celle de Walt Disney. Toutes (hormis la version porno...) jouent la carte de la naïveté, et s'adressent aux enfants avec bien moins d'intelligence que le livre (qui cultive aussi le jeu de mot), même si bien sûr la version Disney ne manque ni de poésie ni de drôlerie.
Tout cela pris en compte, et j'en arrive enfin à l'origine de cette note!, il n'est pas surprenant d'apprendre qu'Alice fut un des premiers livres adaptés au cinéma. En 1903, Cecil Hepworth (un monument à l'origine du raccord dans le mouvement dans Rescued by Rover, et un des premiers à développer le principe des personnages récurrents) tourne déjà sa version, qui est, à l'époque, le plus long film anglais jamais tourné (12 minutes, vous pensez!). Pariant sur la connaissance du public (comme les films bibliques à l'époque), le film est assez incompréhensible si vous ne connaissez pas déjà l'histoire, ce qui prouve la popularité du roman. On croyait ce document perdu pour la science, jusqu'à ce que la BBC et la cinémathèque anglaise l'exhument et le restaurent (autant que c'était possible), et, 21ème siècle aidant, ce fascinant morceau d'histoire de l'art se retrouve sur YouTube, et dans le Jangorama!

La version commentée (en V.O.)

Une version accompagnée par la musique de Debussy (avec un générique moche)

BONUS! Le trailer original (1951) de la version Disney (V.O.)

BONUS 2! "Uuuuuuun Joyeux non-Anniversaire! A moi? A vous!" (V.F.)

Posté par Jango à 20:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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